L’essentiel en bref

  • L’initiative porte préjudice aux droits humains. Si elle est acceptée, cela  aurait des conséquences graves pour les droits des personnes dans notre pays :  il faudrait abolir le droit de séjour des personnes chassées par la guerre, limiter  drastiquement le regroupement familial pour les personnes étrangères. Le statut  inhumain de saisonnier risque d’être réintroduit et la Convention européenne des  droits de l’homme dénoncée. 
  • L’initiative isole la Suisse. Si elle est acceptée, la Suisse devrait dénoncer  la libre circulation des personnes et donc les autres bilatérales avec l’UE. Elle  restreindrait notre liberté de mouvement et isolerait la Suisse de l’Europe. C’est  d’autant plus problématique dans un contexte mondial, où la Suisse dépend des  relations de confiance avec ses partenaires les plus proches.
  • L’initiative précipite la Suisse dans le chaos. Le trafic des personnes et  des marchandises dans les régions frontalières deviendrait extrêmement difficile,  les établissements médico-sociaux manqueraient de personnel, la protection  salariale de nous tou-te-s serait affaiblie, et des milliers d’emplois supprimés.

DE QUOI S’AGIT-IL ? 

L’initiative de l’UDC veut limiter la population suisse à 10 millions de personnes. Au début,  l’UDC l’avait accompagnée d’un argumentaire durable (d’où son nom officiel d’« initiative  pour la durabilité »), mais celle-ci n’est plus mentionnée, ce qui montre à nouveau que la  protection du climat et de la biodiversité n’a aucune importance pour ce parti. Or, ce nom  était d’entrée de jeu trompeur : les mesures exigées par le texte visent d’abord à limiter les  droits des étrangers en Suisse, ce qui manifeste son caractère foncièrement xénophobe et  inhumain. S’y ajoute qu’elle isolerait la Suisse sur la scène internationale. 

L’initiative exige que la Confédération et les cantons prennent des mesures pour limiter la  croissance démographique dès que certaines valeurs-limites sont atteintes. Par exemple, les personnes chassées par la guerre (admises provisoirement) n’auraient plus le droit de  rester et le regroupement familial serait extrêmement difficile. Ces mesures radicales sont  contraires à nos obligations en matière de droits fondamentaux ou de droit international,  alors que les personnes en fuite représentent tout juste 2,5% de la population  résidante permanente et les personnes admises provisoirement que 0,5%. Par conséquent,  elles ne peuvent pas être le moteur de la croissance démographique, mais l’UDC s’en sert  comme bouc émissaire. Or, l’initiative ne répond pas à une question-clé : que se passe-t il pour les personnes qui cherchent refuge en Suisse une fois la valeur limite atteinte ? Ajouté au risque de dénonciation d’accords internationaux comme le Pacte  mondial sur les migrations, la Convention de Genève relative au statut des  réfugiés, la Convention relative aux droits de l’enfant, voire la Convention européenne sur  les droits de l’homme, cela reviendrait à abolir purement et simplement le droit d’asile. 

Par ailleurs, cette initiative risquerait de réinstaurer le statut inhumain de saisonnier, car  l’UDC veut d’abord restreindre l’immigration de personnes restant plus de 12 mois en  Suisse et que les étrangers ou étrangères ne viennent en Suisse que pour trimer sur nos  chantiers ou nos champs, sans droits sociaux, sans couverture financière et sans leur  famille. Ne permettons pas à la Suisse de revenir à une politique prédatrice méprisant la  dignité humaine. 

Enfin, cette initiative isolerait davantage la Suisse en Europe. Elle requiert expressément de  dénoncer la libre circulation des personnes avec l’UE, ce qui mettrait fin à la Suisse  ouverte d’aujourd’hui : voyager, travailler, notamment dans la recherche ou entretenir des  relations par-delà nos frontières ne serait plus autant possible et les hôpitaux, les  établissements médico-sociaux, de même que les chantiers ou l’hôtellerie-restauration dans  toute la Suisse trouveraient tout à coup encore moins de personnel. De même, les centaines  de milliers de Suisse-sse-s vivant et travaillant en Europe risqueraient de perdre leur droit de  séjour et des régions frontalières – comme Genèse, Bâle, le lac de Constance ou le  Tessin – de plonger dans le chaos. Horsla dénonciation de la libre circulation des personnes  entrainerait celle des autres bilatérales. Cela ébranlerait gravement nos relations avec  l’UE et menacerait x milliers d’emplois ainsi que notre protection salariale. Alors qu’au vu de  la situation mondiale actuelle, avec des USA imprévisibles, il serait essentiel pour notre pays  d’entretenir de bonnes relations avec nos partenaires membres de l’UE.

ARGUMENTS-CLÉS DES VERT-E-S 

L’INITIATIVE PORTE PRÉJUDICE AUX DROITS HUMAINS 

Le texte udécéiste exige des mesures dans l’asile, alors qu’il ne représente que 2,5% de la  population résidante permanente en Suisse et ne peut donc être tenu responsable de la  croissance démographique. Selon l’UDC, une fois la valeur-limite atteinte, les personnes  chassées par la guerre (càd. admises provisoirement) n’ont plus le droit de rester chez nous  et le regroupement familial devient extrêmement difficile. 

Mais une fois la valeur-limite atteinte, le texte ne dit rien sur ce que deviennent les  personnes en fuite, si elles cherchent protection en Suisse. On peut craindre que la mise en  œuvre de l’initiative supprime purement et simplement le droit d’asile et que notre pays  doive dénoncer des accords-clés en droits fondamentaux ou humains, tels que la  Convention européenne des droits de l’homme, la Convention de Genève relative aux  réfugiés et celle relative aux droits de l’enfant. 

L’INITIATIVE RÉINSTAURERAIT LE STATUT DE SAISONNIER

Tôt ou tard, l’initiative entraînera la réinstauration du statut inhumain de saisonnier, car il  permettrait surtout de restreindre l’immigration de personnes restant plus de 12 mois en  Suisse. Selon l’UDC, les étrangers ou étrangères ne devraient venir en Suisse que pour une  courte durée afin de trimer sur nos chantiers ou dans nos champs… c’est-à-dire  être pressurées. L’initiative réduit donc à néant surtout les droits de personnes vulnérables à  la recherche d’une protection, enfreignant droits fondamentaux et droit international, mais plus fondamentalement notre devoir d’humanité. Ne revenons pas à une telle politique  méprisant la dignité. 

L’INITIATIVE ISOLE LA SUISSE DE L’EUROPE ET NOUS PRÉCIPITE DANS LE CHAOS 

Si elle est acceptée, cette initiative menace plusieurs accords internationaux. Elle a  explicitement pour objectif de dénoncer l’accord sur la libre circulation des personnes avec  l’UE, ce qui remettrait en question le droit de séjour de centaines de milliers de citoyen-ne-s  de l’UE en Suisse ainsi que de beaucoup de Suisse-sse-s vivant dans l’UE : voyager,  travailler, notamment dans la recherche ou entretenir des relations par-delà les frontières ne  serait plus possible comme aujourd’hui. Le regroupement familial deviendrait extrêmement  difficile, voire impossible pour la main-d’œuvre de l’UE. 

Dénoncer la libre circulation des personnes revient automatiquement à dénoncer les autres  bilatérales avec des conséquences désastreuses : si notre économie exportatrice – dont le  plus important marché, et de loin, est l’UE risque de devoir biffer des dizaines de milliers  d’emplois, les hôpitaux, établissements médico-sociaux, chantiers ou restaurants  seraient quant à eux tout à coup paralysés, car ces secteurs ont un fort besoin de main d’œuvre. De même, la protection salariale en Suisse serait fondamentalement remise en  question. Or, au vu de la situation mondiale actuelle, il est d’autant plus important pour la  Suisse d’entretenir de bonnes relations avec ses partenaires membres de l’UE, au lieu de  s’isoler dans un réduit.