[Communiqué] Budget bis: les Vert·e·s prennent acte de la nouvelle proposition et attendent maintenant que la droite prenne ses responsabilités
Alors que le Conseil d’Etat a présenté son budget bis – sans grande surprise par rapport au précédent et toujours insuffisant – les Vert·e·s saluent le travail intense réalisé dans l’urgence par les services de l’Etat. Mais ces efforts auront été vains si la majorité de droite refuse d’entrer en matière. A l’heure de votes décisifs à la commission des finances, nous mettons la droite face à ses contradictions : après avoir affaibli les recettes fiscales en votant des baisses d’impôts aux privilégié·e·s, assumera-t-elle ses responsabilités en votant les crédits essentiels à la population?
Suite au refus du budget 2026 par la majorité de droite en décembre dernier, le Conseil d’Etat est revenu avec un projet de budget bis, comme il y est tenu par la loi depuis 2023. Les Vert·e·s saluent le travail d’arrache-pied réalisé par les collaboratrices et les collaborateurs des services de l’Etat pour présenter cette nouvelle mouture en seulement trois mois.
Si l’on peut se réjouir du fait que les recettes aient été réévaluées de 100 millions dans ce nouveau projet, cette correction est loin d’être suffisante au regard de la réalité des comptes 2025. La prudence excessive du gouvernement est d’autant moins acceptable que, comme nous le soulignions la semaine dernière lors du dévoilement des comptes (lire notre communiqué de presse), la situation géopolitique actuelle laisse présager que les recettes pourraient encore une fois être meilleures que prévues. …Quand bien même la conseillère d’Etat chargée des finances, Nathalie Fontanet, répétera probablement – comme pour les années précédentes – que cette situation est exceptionnelle et ne durera pas.
Nous exprimons également un relatif soulagement face à ce budget qui ne propose pas de nouvelles coupes drastiques et intègre les crédits supplémentaires jugés nécessaires par le Conseil d’Etat. Mais il faut insister sur le fait qu’il s’agit là du strict minimum : bien davantage serait nécessaire pour répondre aux besoins de la population. Oui, les charges contraintes augmentent, mais celles-ci ne sont que le reflet de l’augmentation de la précarité de la population genevoise.
Ce relatif soulagement face à cette deuxième mouture du projet de budget risque de n’être que de courte durée. Le plan d’économies que le Conseil d’Etat présentera d’ici quelques semaines fera inévitablement très mal aux prestations publiques et à la population. Par ailleurs, tous ces efforts pour sauver le budget pourraient s’avérer vains, si la droite rejette à nouveau sèchement l’entrée en matière, comme elle l’a fait avec la première version.
Si c’est le cas, le fonctionnement en douzièmes provisoires sera maintenu et nous découvrirons les véritables intentions de la droite à travers le vote des demandes de crédits supplémentaires du Conseil d’Etat, qui se fera à la commission des finances. La majorité de droite refusera-t-elle les crédits demandés pour la création de places dans des foyers d’éducation spécialisée ? Dans des établissements pour personnes en situation de handicap ? S’opposera-t-elle à la hausse de l’offre des TPG ? Et ce, tout en s’apprêtant à accepter par ailleurs un crédit important pour le sauvetage de la viticulture ? Le refus de ces crédits supplémentaires entraînerait des conséquences concrètes sur les prestations, parfois de manière dramatique pour les personnes les plus vulnérables.
La majorité de droite doit prendre ses responsabilités et afficher clairement ses priorités en votant l’entrée en matière sur le budget et assumer les éventuelles coupes qu’elle y opérera. Après avoir voté des cadeaux fiscaux aux plus aisé·e·s, affaiblissant les recettes de l’Etat, à quelles prestations compte-t-elle s’attaquer ? Et au détriment de quelle partie de notre population ?
Il incombe au Grand Conseil de voter le budget et aux partis de défendre leurs priorités. Les Vert·e·s entreront en matière sur cette version rectifiée, afin de négocier ce qui nous semble nécessaire et prioritaire. Nous attendons de la droite qu’elle prenne ses responsabilités, qu’elle assume ses choix et qu’elle cesse de refiler la patate chaude aux services de l’Etat.
Contacts
Emilie Fernandez, députée et membre de la commission des finances
Pierre Eckert, député et membre de la commission des finances
Julien Nicolet-dit-Félix, députée et membre de la commission fiscale
Louise Trottet, députée et cheffe de groupe