Par Rosalind Perrin, membre du comité des Jeunes Vert·e·x·s Genève

De quoi ont peur celleux qui tentent de réformer le service civil ? Que nos jeunes apprennent à s’entre-tuer et à suivre des ordres sans réfléchir ?

Non, bien sur. Ce qui terrifie la droite est un scenario tout autre : des jeunes, qui malgré les pénalités d’ordre temporel et pécuniers, optent pour l’ouverture aux autres et à la nature, prouvant que des alternatives existent au repli sur soi. Peur d’une jeunesse qui questionne l’hyper-individualisme du système qui renforce des privilèges déjà établis. Peur de civilistes qui de part leur expérience au sein d’une école, d’un EMS, ou d’un hôpital, seront plus aptes à comprendre l’impact négatif de coupes budgétaires drastiques dans ces institutions.

Bien qu’il aie des défauts, le service civil permet aujourd’hui à de nombreux jeunes de travailler au service d’une société solidaire. Par leur engagement, iels vont soutenir des secteurs qui en ont bien besoin, comme le domaine de la santé ou l’éducation, qui déplorent souvent un manque aigu de main d’œuvre. Dans ces établissements, les jeunes se forment et vivent des expériences qui n’ont rien à envier à l’armée, faisant développer leur débrouillardise et leurs capacités relationnelles, et, parfois, les orientent vers des choix professionnels futurs. Dans une Suisse en manque de personnel soignant et de places en crèche, réduire les civilistes serait se tirer une balle (de SIG Sauer P320 Carry, c’est à dire le pistolet de l’armée suisse le moins bien noté) dans le pied ! 

La structure du service civil est déjà assez punitive, que ce soit de par les journées obligatoires de recrutement, les brochures peu claires, ou le fait de devoir chercher sa place de service voir son logement seul, sans parler bien sur du temps de service beaucoup plus long ! Ces contraintes démontrent déjà que les quelques courageux qui s’y inscrivent ne le font pas par flemmardise, mais bien par conviction ! Vouloir le rendre encore plus inaccessible est un non-sens, qui va tout simplement désavantager l’ensemble de la population.

Le fait même de devoir voter sur cette loi est un bon signe pour la jeunesse, car il est la preuve qu’elle s’engage dans le social, l’éducation et l’environnement, n’en déplaise à certain·e·x·s. Votons donc contre cette réforme, motivons nos ami·e·x·s et proches à voter, et encourageons ainsi la jeunesse à suivre cette belle voie !