La contraception est politique !
Par Louise Trottet, députée verte au Grand Conseil
La contraception est profondément politique. Elle l’est tant sur les plans social que sociétal : les femmes continuent à assumer majoritairement le poids de la contraception, et ce poids peut peser très lourd pour les revenus plus modestes.
L’initiative sur laquelle nous votons le 28 septembre propose de prendre en charge intégralement les frais de toutes les méthodes contraceptives réversibles (stérilet, pilule, préservatif, implant, etc.), indépendamment du statut social ou du revenu. L’objectif principal est de soulager le budget des Genevoises et Genevois face à la hausse des coûts de la vie, et aussi de lever l’obstacle financier que représentent les méthodes les plus efficaces, comme le stérilet ou l’implant, dont le coût initial peut atteindre 400 CHF ou plus.
Par ailleurs, la gratuité des préservatifs est défendue comme un moyen essentiel de protéger la population contre les maladies sexuellement transmissibles, au-delà de la seule prévention de la grossesse.
Enfin, l’initiative vise à combler un retard de la Suisse par rapport à ses voisins européens qui remboursent déjà ces frais, positionnant ainsi le canton de Genève comme un acteur pionnier en matière de santé publique et d’accès aux soins, en s’inscrivant dans une logique d’équité et de réduction des inégalités d’accès à la contraception.
Sur le plan parlementaire, après un long travail en commission de la santé en 2025, l’initiative se retrouvera finalement sans contre-projet en votation du fait de la droite, qui a d’abord vidé de sa substance un contre-projet faisant un consensus, avant de se tromper durant le vote en plénière et de refuser son propre contre-projet alibi. Les Vert-e-s genevois-e-s soutiennent sans réserve l’initiative.