Pour les 5 ans à venir, il prévoit en particulier 163 millions de francs pour apporter des solutions de financement aux communes. Les plantations réalisées dans le cadre de projets communaux peuvent être financées jusqu’à hauteur de 50%.  

La fiche d’information annexée à la stratégie indique que Veyrier est concernée par cette stratégie au vu de la densité de la population et de la présence d’îlots de chaleur. 

Nos questions sont les suivantes : 

  • Quelle est la position de notre commune par rapport à cette stratégie ?
  • Des mesures ou un plan d’arborisation ont-ils été entrepris ou vont-ils l’être pour saisir l’opportunité de bénéficier de ces financements et améliorer le confort de la population Veyrites ?

Réponse du Conseil administratif

Rappel du contexte 

«La stratégie d’arborisation de l’aire urbaine genevoise» (ci-après : la stratégie d’arborisation)  a été adoptée par le Conseil d’Etat le 8 mai 2024. Elle trouve son ancrage dans la loi sur  l’arborisation, la végétalisation, la mobilité douce et les transports publics dans l’aire urbaine,  du 21 septembre 2023 (LAVMT, L 1 07). Cette loi a été élaborée comme contre-projet à une  initiative sur le climat urbain déposée par actif-trafiC. 

La stratégie d’arborisation vise «150’000 arbres supplémentaires en milieu urbain d’ici 15 ans  pour atteindre une surface ombragée de 30% en 2070, contre 23% actuellement». Des crédits  à hauteur de CHF 204 millions ont été votés par le Grand Conseil pour financer ces plantations  (50’000 arbres) au cours des cinq prochaines années, dont CHF 163 millions de subventions  pour les différents acteurs dont les communes. Cette stratégie d’arborisation s’applique aux  zones dites urbaines, en tenant compte de sous-secteurs statistiques établis par le Groupe  interdépartemental de représentation géographique (GIREC). L’idée de créer des sous secteurs était de mettre à disposition des données statistiques à une échelle intermédiaire  entre la parcelle et la commune. Le dernier découpage date de 2005. Une grande partie de  Veyrier, comportant 10 sous-secteurs, est considérée comme zone urbaine. 

Le but de la stratégie d’arborisation est de concentrer les efforts sur les zones les plus  peuplées dont le taux de canopée est inférieur à 10%.  

A ce stade, il convient de préciser que Veyrier compte parmi les 13 communes concernées  par la stratégie d’arborisation parce qu’elle a plus de 10’000 habitants, ce n’est pas une  question de densité de population. De plus, contrairement à ce qui est allégué, notre commune  n’a pas d’îlots de chaleur actuellement, même si certaines zones sont à observer de près  (place de l’Eglise, parking de la douane) 

Questions 

Quelle est la position de notre commune par rapport à cette stratégie ? 

Le Conseil administratif ne peut se montrer que favorable à la plantation d’arbres en milieu  urbain afin de prévenir l’apparition d’îlots de chaleur et d’apporter de la verdure dans des zones  très minérales. Cela étant, il convient de préciser qu’à Veyrier aucun sous-secteur ne possède  un taux de canopée inférieur à 10%. Le périmètre le plus sensible est le village avec un taux  situé entre 10,1 et 20%. De plus, aucune carte ne fait mention d’îlots de chaleur sur la  commune. Veyrier avait donc montré son étonnement de figurer dans les communes retenues  compte tenu de l’importance de ses zones agricoles, de forêts et villas. Il est néanmoins  nécessaire d’anticiper leur apparition. C’est donc sur la zone du village que la commune a  décidé de porter ses efforts, en plantant là où c’est possible à un coût raisonnable. En effet, le  coût de plantation d’un arbre de première grandeur (plus de 15m) est d’environ CHF 3’000 en  milieu naturel, selon le département du territoire (DT), le coût se situe entre «12’000 à 13’000  francs pour une plantation dans une fosse dans l’enrobé ; 21’000 à 28’000 francs pour une  plantation dans une fosse béton». Ces coûts s’expliquent notamment compte tenu du fait que  le DT demande que la fosse recueillant un arbre de première grandeur fasse de 25 à 64 m3  (selon le contexte) alors que jusqu’à présent les fosses étaient de 9 m3. Ces montants  augmentent fortement si, comme le suggère la stratégie d’arborisation, il est nécessaire de  déplacer des réseaux en sous-sol (eau, électricité). En retour d’expérience, il s’est avéré que 

sur Vernier, le budget par arbre s’est monté à CHF 80’000 et à Lancy Pont-Rouge, le budget  a été supérieur à CHF 120’000. Le Conseil administratif de Veyrier s’était indigné de ces  montants qu’il considère comme indécents en regard des autres besoins exprimés par la  population. Le fait que le canton participe à hauteur de 40% pour la plantation ne change en  rien cette appréciation.  

Des mesures ou un plan d’arborisation ont-ils été entrepris ou vont-ils l’être pour saisir  l’opportunité de bénéficier de ces financements et améliorer le confort de la population veyrite ? 

Un comité de suivi pour la mise en œuvre de la L 1 07 a été mis en place en 2024. Ce comité  réunit entre autres les conseillers administratifs des 13 communes concernées. Veyrier est  représenté par M. Christian Robert. Il est doublé d’un comité technique, M. Jérôme Urfer,  urbaniste communal, y représente Veyrier. Dans ce cadre, les communes ont dû lister leurs  projets, dont ceux liés à l’arborisation de leur territoire. Pour Veyrier, il s’agit de : 

  • planter plus de 400 arbres aux Grands Esserts, 
  • arboriser et végétaliser le préau de Grand-Salève, 
  • procéder à une arborisation compensatrice compte tenu de l’aménagement du tracé du  BHNS. 

Deux autres projets d’arborisation se sont ajoutés, le premier sur le périmètre de l’ancienne  salle communale et le second le long de la route de l’Uche à hauteur de la parcelle 5113.  

Cela étant, la commune n’a pas attendu la mise en vigueur de ces différents textes pour mettre  en place des mesures. Ainsi si le PDCom demande que tout projet de construction en zone  villa comporte au moins 40% de pleine terre pour permettre l’absorption des eaux de pluie, il  demande qu’au moins la moitié de cette surface soit d’un seul tenant pour permettre la  plantation d’un arbre de grande taille, cela non seulement pour favoriser la biodiversité, mais  pour apporter de la fraîcheur. 

Il convient de mentionner pour le surplus que la commune est également représentée par  M. Sacha Zuber, chef du service des Routes et espaces verts, dans le groupe de travail sur la  conservation de la végétation arborée qui définit des critères techniques pour le maintien de  celle-ci et les conditions de plantation, notamment. La commune porte une attention  particulière au maintien des arbres majeurs et suit de très près leur état de santé. 

Veyrier est donc bien informée des contraintes et des possibilités liées à cette stratégie  d’arborisation et entend l’appliquer avec pragmatisme et non dogmatisme. 

02.12.2025