[Veyrier] Question écrite – Comment Veyrier compte-t-elle profiter des financements cantonaux pour renforcer l’arborisation, lutter contre les îlots de chaleur et améliorer le confort des Veyrites ?
Question écrite du 18 novembre 2025.
Le 22 novembre 2024, le Grand Conseil a accepté un crédit de 204 MCHF pour financer la stratégie d’arborisation de l’aire urbaine genevoise. Il implique de planter environ 150’000 nouveaux arbres en 15 ans pour atteindre, d’ici 2070, une surface ombragée par des arbres de 30% pour l’ensemble de l’aire urbaine du canton.
Pour les 5 ans à venir, il prévoit en particulier 163 millions de francs pour apporter des solutions de financement aux communes. Les plantations réalisées dans le cadre de projets communaux peuvent être financées jusqu’à hauteur de 50%.
La fiche d’information annexée à la stratégie indique que Veyrier est concernée par cette stratégie au vu de la densité de la population et de la présence d’îlots de chaleur.
Nos questions sont les suivantes :
- Quelle est la position de notre commune par rapport à cette stratégie ?
- Des mesures ou un plan d’arborisation ont-ils été entrepris ou vont-ils l’être pour saisir l’opportunité de bénéficier de ces financements et améliorer le confort de la population Veyrites ?
Réponse du Conseil administratif
Rappel du contexte
«La stratégie d’arborisation de l’aire urbaine genevoise» (ci-après : la stratégie d’arborisation) a été adoptée par le Conseil d’Etat le 8 mai 2024. Elle trouve son ancrage dans la loi sur l’arborisation, la végétalisation, la mobilité douce et les transports publics dans l’aire urbaine, du 21 septembre 2023 (LAVMT, L 1 07). Cette loi a été élaborée comme contre-projet à une initiative sur le climat urbain déposée par actif-trafiC.
La stratégie d’arborisation vise «150’000 arbres supplémentaires en milieu urbain d’ici 15 ans pour atteindre une surface ombragée de 30% en 2070, contre 23% actuellement». Des crédits à hauteur de CHF 204 millions ont été votés par le Grand Conseil pour financer ces plantations (50’000 arbres) au cours des cinq prochaines années, dont CHF 163 millions de subventions pour les différents acteurs dont les communes. Cette stratégie d’arborisation s’applique aux zones dites urbaines, en tenant compte de sous-secteurs statistiques établis par le Groupe interdépartemental de représentation géographique (GIREC). L’idée de créer des sous secteurs était de mettre à disposition des données statistiques à une échelle intermédiaire entre la parcelle et la commune. Le dernier découpage date de 2005. Une grande partie de Veyrier, comportant 10 sous-secteurs, est considérée comme zone urbaine.
Le but de la stratégie d’arborisation est de concentrer les efforts sur les zones les plus peuplées dont le taux de canopée est inférieur à 10%.
A ce stade, il convient de préciser que Veyrier compte parmi les 13 communes concernées par la stratégie d’arborisation parce qu’elle a plus de 10’000 habitants, ce n’est pas une question de densité de population. De plus, contrairement à ce qui est allégué, notre commune n’a pas d’îlots de chaleur actuellement, même si certaines zones sont à observer de près (place de l’Eglise, parking de la douane)
Questions
Quelle est la position de notre commune par rapport à cette stratégie ?
Le Conseil administratif ne peut se montrer que favorable à la plantation d’arbres en milieu urbain afin de prévenir l’apparition d’îlots de chaleur et d’apporter de la verdure dans des zones très minérales. Cela étant, il convient de préciser qu’à Veyrier aucun sous-secteur ne possède un taux de canopée inférieur à 10%. Le périmètre le plus sensible est le village avec un taux situé entre 10,1 et 20%. De plus, aucune carte ne fait mention d’îlots de chaleur sur la commune. Veyrier avait donc montré son étonnement de figurer dans les communes retenues compte tenu de l’importance de ses zones agricoles, de forêts et villas. Il est néanmoins nécessaire d’anticiper leur apparition. C’est donc sur la zone du village que la commune a décidé de porter ses efforts, en plantant là où c’est possible à un coût raisonnable. En effet, le coût de plantation d’un arbre de première grandeur (plus de 15m) est d’environ CHF 3’000 en milieu naturel, selon le département du territoire (DT), le coût se situe entre «12’000 à 13’000 francs pour une plantation dans une fosse dans l’enrobé ; 21’000 à 28’000 francs pour une plantation dans une fosse béton». Ces coûts s’expliquent notamment compte tenu du fait que le DT demande que la fosse recueillant un arbre de première grandeur fasse de 25 à 64 m3 (selon le contexte) alors que jusqu’à présent les fosses étaient de 9 m3. Ces montants augmentent fortement si, comme le suggère la stratégie d’arborisation, il est nécessaire de déplacer des réseaux en sous-sol (eau, électricité). En retour d’expérience, il s’est avéré que
sur Vernier, le budget par arbre s’est monté à CHF 80’000 et à Lancy Pont-Rouge, le budget a été supérieur à CHF 120’000. Le Conseil administratif de Veyrier s’était indigné de ces montants qu’il considère comme indécents en regard des autres besoins exprimés par la population. Le fait que le canton participe à hauteur de 40% pour la plantation ne change en rien cette appréciation.
Des mesures ou un plan d’arborisation ont-ils été entrepris ou vont-ils l’être pour saisir l’opportunité de bénéficier de ces financements et améliorer le confort de la population veyrite ?
Un comité de suivi pour la mise en œuvre de la L 1 07 a été mis en place en 2024. Ce comité réunit entre autres les conseillers administratifs des 13 communes concernées. Veyrier est représenté par M. Christian Robert. Il est doublé d’un comité technique, M. Jérôme Urfer, urbaniste communal, y représente Veyrier. Dans ce cadre, les communes ont dû lister leurs projets, dont ceux liés à l’arborisation de leur territoire. Pour Veyrier, il s’agit de :
- planter plus de 400 arbres aux Grands Esserts,
- arboriser et végétaliser le préau de Grand-Salève,
- procéder à une arborisation compensatrice compte tenu de l’aménagement du tracé du BHNS.
Deux autres projets d’arborisation se sont ajoutés, le premier sur le périmètre de l’ancienne salle communale et le second le long de la route de l’Uche à hauteur de la parcelle 5113.
Cela étant, la commune n’a pas attendu la mise en vigueur de ces différents textes pour mettre en place des mesures. Ainsi si le PDCom demande que tout projet de construction en zone villa comporte au moins 40% de pleine terre pour permettre l’absorption des eaux de pluie, il demande qu’au moins la moitié de cette surface soit d’un seul tenant pour permettre la plantation d’un arbre de grande taille, cela non seulement pour favoriser la biodiversité, mais pour apporter de la fraîcheur.
Il convient de mentionner pour le surplus que la commune est également représentée par M. Sacha Zuber, chef du service des Routes et espaces verts, dans le groupe de travail sur la conservation de la végétation arborée qui définit des critères techniques pour le maintien de celle-ci et les conditions de plantation, notamment. La commune porte une attention particulière au maintien des arbres majeurs et suit de très près leur état de santé.
Veyrier est donc bien informée des contraintes et des possibilités liées à cette stratégie d’arborisation et entend l’appliquer avec pragmatisme et non dogmatisme.
02.12.2025