Résultats de la votation du 27 septembre : Les Genevois-es suivent les Vert-e-s sur l’ensemble des objets cantonaux
Les votations du 27 septembre touchent à des enjeux très concrets pour Genève et pour la Suisse: notre capacité à agir face aux violations du droit international, l’avenir de notre agriculture, l’accès à la contraception, la mobilité dans le Grand Genève, la protection des locataires et le financement de la formation. Les Vert-e-s genevois-es saluent les résultats de ces votations dont les résultats, notamment cantonaux, reflètent les valeurs défendues lors de cette campagne.
Objets cantonaux : succès pour la mobilité, la santé, la protection des locataire et le droit à l’éducation.
Les Vert-e-s genevois-es saluent un choix concret pour réduire le trafic automobile et son impact sur le climat et la qualité de vie avec l’acceptation de la Loi 13725 et le financement de projets de mobilité dont notre canton a tant besoin. La pollution, les embouteillages et le dérèglement climatique ne s’arrêtent pas à la frontière: les solutions doivent donc être pensées à l’échelle du Grand Genève. Ces investissements permettront de renforcer les transports publics sur les principaux axes transfrontaliers et de créer 2’140 places de P+R en périphérie, afin d’intercepter les voitures avant leur entrée dans le canton. L’objectif est clair: offrir une véritable alternative à la voiture individuelle pour les déplacements quotidiens.
Selon les projections du projet, jusqu’à 15’000 voitures pourraient être retirées chaque jour des routes. Moins de voitures, c’est moins d’émissions de gaz à effet de serre, moins de bruit, un air de meilleure qualité et des déplacement plus fluide. Un investissement nécessaire qui profite à toutes et à tous.
Les Vert-e-s genevois-es saluent également une avancée importante en matière de santé publique, d’égalité et de justice sociale avec l’acceptation de l’Initiative sur la contraception. La contraception n’est pas une affaire individuelle qui devrait reposer uniquement sur celles et ceux qui y ont recours: elle concerne toutes et tous et relève pleinement d’un choix politique de santé publique. L’accès à une contraception adaptée ne doit pas dépendre du revenu. En supprimant un obstacle financier réel, ce résultat permettra à davantage de personnes de choisir la méthode qui leur convient, y compris lorsque celle-ci implique un coût initial important. Pour les Vert-e-s genevois-es, Genève affirme ainsi que la contraception est une responsabilité collective et que son accès doit être garanti de manière égalitaire.
La protection de la LDTR et du parc locatif genevois reste une priorité pour les Vert-e-s genevois-e-s et la population. Derrière la promesse faite aux locataires de pouvoir devenir propriétaires se cachait surtout le retour d’un mécanisme favorisant les congés-ventes, la vente à la découpe et la spéculation. Dans un canton confronté à une grave pénurie de logements, protéger les appartements aux loyers encore accessibles est essentiel. La population refuse que la crise du logement serve à ouvrir de nouvelles possibilités de spéculation.
Enfin, les Vert-e-s genevois-es s’alignent derrière le signal clair envoyé par la population en faveur d’une formation publique forte et accessible en refusant la Loi 13579 sur le contrat de prestations HES-SO Genève et ainsi le refus d’une logique profondément problématique: faire payer davantage les étudiant-e-s pour permettre ensuite à l’État de réduire sa propre contribution à la formation publique. Après une hausse des taxes semestrielles de 40 % pour les étudiant-e-s suisses et de 110 % pour les étudiant-e-s étranger-ère-s, le contrat prévoit une diminution de 2 millions de francs par année du financement cantonal, soit 6 millions de francs sur la période concernée. Autrement dit: les étudiant-e-s paient davantage pendant que l’État investit moins. La HES-SO Genève forme plus de 6’000 étudiant-e-s dans des domaines aussi essentiels que la santé, le travail social, l’ingénierie, l’informatique, l’architecture, la gestion, l’art ou la musique. Dans plusieurs de ces secteurs, Genève connaît déjà des pénuries de personnel qualifié.
Dans un contexte où plus de 30 % des étudiant-e-s connaissent déjà une situation de précarité alimentaire et où les loyers, les primes d’assurance-maladie et le coût de la vie augmentent, il n’est pas acceptable de faire des étudiant-e-s la variable d’ajustement des politiques budgétaires.
Objets fédéraux
Au niveau fédéral, Les Vert-e-s genevois-es saluent le refus de l’Initiative sur la neutralité qui aurait inutilement lié les mains de la Suisse. Être neutre ne signifie ni fermer les yeux face aux violations du droit international, ni renoncer à agir contre celles et ceux qui le bafouent. La Suisse doit conserver sa liberté d’action, sa capacité à prendre des sanctions et son rôle diplomatique.
Ce résultat confirme qu’une neutralité crédible ne peut pas signifier l’indifférence. Dans un contexte international instable, notre pays doit pouvoir défendre le droit international tout en continuant à dialoguer et à offrir ses bons offices.
Concernant l’Initiative sur l’alimentation, il n’y a ici ni « victoire » ni « défaite » pour les Vert-e-s genevois-es. La liberté de vote traduit une position nuancée: les objectifs de durabilité et de souveraineté alimentaire sont nécessaires, mais les moyens proposés par l’initiative soulèvent certaines difficultés. Le refus de l’Initiative ne doit surtout pas être interprété comme un satisfecit donné au système de production alimentaire actuel, ni comme un rejet des objectifs de durabilité et de souveraineté alimentaire. La Suisse doit continuer à réduire l’impact de son alimentation sur l’eau, les sols, la biodiversité et le climat, renforcer sa capacité à produire localement et permettre aux paysan-ne-s de vivre correctement de leur travail. Pour les Vert-e-s genevois-es, ce résultat montre surtout qu’une transformation aussi importante ne peut pas être imposée sans le monde paysan. Le refus porte sur les moyens proposés, notamment sur un objectif d’auto-approvisionnement susceptible d’accroître encore la pression sur les exploitations et de favoriser une intensification de la production. Les Vert-e-s genevois-es regrettent également une campagne qu’ils jugent nauséabonde, dans laquelle l’UDC a trop souvent transformé des enjeux agricoles et alimentaires complexes en guerre culturelle, jusqu’à réduire le débat à la défense du cervelas face à un prétendu « diktat végan ». Cette caricature a détourné l’attention des véritables questions posées par l’initiative. Pour les Vert-e-s genevois-es, nos assiettes valent mieux que les caricatures de l’UDC. Le rejet de cette initiative ne clôt donc pas le débat. Il oblige au contraire à reprendre le travail pour construire une politique alimentaire qui combine durabilité, souveraineté, juste rémunération du monde paysan et accessibilité pour la population.