Un acquis social à défendre, un modèle à repenser

Il y a 30 ans, l’introduction de la LAMal a constitué une avancée sociale majeure. Elle garantit à chacune et chacun, indépendamment de son âge, de son état de santé ou de sa situation économique, l’accès aux soins. Cet acquis doit être défendu. Mais en 30 ans, la situation a profondément changé. Cumulées à l’inflation, à la hausse des loyers et à l’augmentation générale du coût de la vie, les hausses incessantes des primes paupérisent les ménages et montrent que ce système est à bout de souffle. 

Cette nouvelle augmentation pèsera lourdement sur les ménages suisses, et tout particulièrement genevois. Elle touchera de plein fouet les familles, les personnes à revenu modeste, les classes moyennes, les familles monoparentales et toutes celles et ceux qui voient déjà leur budget se resserrer mois après mois. À Genève, près de 38% de la population a eu besoin d’un subside pour payer sa prime en 2023. Ce n’est pas un détail statistique : c’est le signe d’un besoin social massif et d’un système de financement qui ne répond plus à la réalité vécue par la population.

 

Des subsides indispensables menacés

Face à cette situation, les Vert-e-s genevois-es se battent depuis plusieurs années pour apporter une bouffée d’oxygène aux ménages. En 2023, le groupe des Vert-e-s au Grand Conseil a participé à l’introduction de l’indexation automatique des subsides d’assurance-maladie sur l’évolution de la prime moyenne cantonale. Cette avancée sociale garantit que le soutien de l’État suive l’impact réel des hausses de primes sur les ménages.

 

Cet acquis est aujourd’hui directement menacé. Le Conseil d’État a déposé deux projets de loi qui, ensemble, réduiraient fortement la portée de ce mécanisme. Le premier propose de supprimer l’indexation automatique. Le second vise à réduire de moitié les hausses de subsides accordées depuis 2023, directement dans les montants de base. Les Vert-e-s genevois-es dénoncent cette double offensive, présentée comme une mesure d’économie budgétaire, mais qui se traduirait très concrètement par moins de soutien pour les ménages qui en ont le plus besoin, alors même que les primes continuent d’augmenter.

 

Malgré les bâtons dans les roues, les Vert-e-s portent des solutions à Genève comme à Berne

Des solutions existent pourtant. Elles sont connues, débattues et portées à Genève comme à Berne. En 2023 déjà, les Vert-e-s ont déposé au Grand Conseil une résolution demandant à l’Assemblée fédérale d’autoriser Genève à expérimenter une caisse maladie cantonale publique et unique. Une telle caisse permettrait de sortir d’une logique opaque et coûteuse, de mieux maîtriser les coûts et de renforcer le réseau de soins. Mais, chaque fois qu’il s’agit d’avancer vers un système plus équitable,on nous met des bâtons dans les roues.

La maîtrise des coûts passe aussi par la prévention. Les Vert-e-s ont défendu une modification de la loi sur la santé demandant notamment l’inscription d’un plan de prévention transversal, reliant santé, environnement et conditions de vie. Car le système de soins ne détermine qu’une partie de l’état de santé d’une personne. Celui-ci se joue aussi dans le logement, le travail, les revenus, l’alimentation, l’environnement et la qualité de vie. Une politique de santé digne de ce nom doit donc agir sur les causes, pas seulement sur les symptômes.

À Berne aussi, les Vert-e-s agissent. Le groupe vert aux Chambres fédérales a déposé une motion demandant le plafonnement des rémunérations des dirigeant-e-s de caisses-maladie, sur le modèle de ce qui existe déjà pour le personnel de la Confédération. Le Conseil fédéral s’y oppose au nom de la « liberté d’entreprise », alors même que l’assurance de base n’a rien d’un marché libre : chaque habitante et chaque habitant est légalement obligé d’y cotiser.Les Vert-e-s genevois-es continueront à agir, au Grand Conseil comme à Berne, pour sortir de la spirale des hausses de primes et construire un système de santé plus juste, plus transparent et plus solidaire. Face à un système d’assurance-maladie à bout de souffle, la réponse ne peut pas être la résignation, ni la réduction des subsides pour les ménages. Elle doit être politique : protéger le pouvoir d’achat, renforcer la prévention, encadrer les abus et garantir à toutes et tous un accès aux soins sans précariser les ménages.