Le Conseil d’Etat a présenté un budget déficitaire pour 2027, avec une différence négative annoncée à hauteur de 546,2 millions de francs. Un déficit qui n’a malheureusement rien de surprenant : il est la conséquence directe des choix fiscaux opérés ces dernières années. La droite avait cherché à rassurer la population en prétendant que les prestations ne seraient pas touchées, mais aujourd’hui force est de constater que cette promesse était fallacieuse. « Le seuil de douleur est maintenant atteint et cela va empirer », constate le député Pierre Eckert.

Si la proposition de budget révisé en 2026 annonçait déjà une forme d’austérité, le projet de budget 2027 enfonce le clou : cette fois le Conseil d’Etat accélère les économies, coupe dans les indemnités et les aides financières et demande davantage d’efforts aux communes.

La coupe linéaire de 4 % dans les indemnités et les aides financières frappe directement les associations qui assurent des prestations essentielles à la population. Pour la députée Emilie Fernandez, « derrière des lignes budgétaires, ce sont des projets qui disparaissent, des prestations qui diminuent et des bénéficiaires qui sont laissés de côté ».

Certes, le personnel de l’Etat voit ses annuités maintenues en 2027 (après leur suspension en 2026). Mais sans compensation du renchérissement, il devra lui aussi absorber une partie du coût de la crise budgétaire.

Les Vert·e·s sont particulièrement préoccupé·es par les mesures d’économie issues du rapport du groupe de pilotage chargé d’identifier des pistes d’économies pour l’Etat (ECOGE). Dès le mois de mai, ils et elles avaient dénoncé un plan d’économies qui, sous prétexte de mise à niveau, faisait peser l’essentiel de l’effort sur les prestations publiques et les personnes les plus vulnérables. Une partie de ces mesures seront déjà mises en œuvre en 2027 : elles toucheront en premier lieu les plus précaires, avec l’annonce d’une réduction des prestations circonstancielles liées à l’aide sociale versée par l’Hospice général, à effet de 8,1 millions de francs.

Les Vert·e·s s’inquiètent également de la révision à la baisse de la liste des missions d’intérêt général confiées aux HUG et de l’IMAD. Par exemple, la remise en question à terme du planning familial des HUG est particulièrement malvenue au regard de l’enjeu de santé publique que constitue l’accès à la contraception, et sur la gratuité duquel la population genevoise est par ailleurs amenée à se prononcer fin septembre.

Les Vert·e·s notent tout de même positivement le choix du Conseil d’Etat de maintenir un niveau d’investissements élevé dans les projets de mobilité et l’assainissement énergétique des bâtiments publics et privés.

De sombres perspectives à moyen terme

Alors que les finances publiques sont déjà sous pression, la droite, elle, poursuit son offensive fiscale. La semaine dernière, la Commission fiscale a voté une baisse de 20 % de l’impôt sur la fortune qui, si elle devait être adoptée par le Parlement, pourrait priver le canton d’un montant allant jusqu’à 150 millions de francs de recettes, et les communes de 40 millions supplémentaires. Autant de moyens en moins pour financer les prestations publiques essentielles, dans le cadre d’un plan concerté d’assèchement des ressources de l’État.

Après le fiasco du processus budgétaire de 2026, les Vert.e.s reconnaissent la nécessité pour l’Etat de se doter d’un budget. Mais cela ne doit pas signifier accepter une spirale d’austérité qui fragilise progressivement les services publics. Les Vert·e·s refusent de faire payer la facture aux associations, aux communes et aux plus précaires. Genève a besoin de services publics solides, d’une solidarité renforcée et d’investissements à la hauteur de l’urgence climatique – pas d’une fuite en avant dans l’austérité.

Contacts:

Emilie Fernandez, députée et présidente de la commission des finances
Pierre Eckert, député, membre de la commission des finances
Louise Trottet, députée et cheffe de groupe