[Communiqué] La droite genevoise persiste et signe : une séance extraordinaire pour écraser la liberté de manifester
À la veille de la séance spéciale du Grand Conseil du 28 mai, les Vert-e-s genevois-es dénoncent une manœuvre inquiétante et sournoise de la droite élargie. Alors que le Conseil d’État et les organisateur-trice-s de NoG7 poursuivent leurs discussions pour concilier sécurité et libertés publiques, la droite choisit la surenchère, l’agitation et l’instrumentalisation politique. Les Vert-e-s se battront jusqu’au bout de cette séance scandaleuse pour défendre les droits fondamentaux remis en cause par le camp bourgeois.
Imposée par la droite en vertu de l’article 10 de la LRGC (loi portant règlement du Grand Conseil), une séance extraordinaire du Grand Conseil se tiendra ce jeudi 28 mai. Elle portera exclusivement sur des objets en lien avec le G7, dont plusieurs visent explicitement à restreindre la liberté d’expression et le droit de manifester. Le plus grave est le projet de loi du PLR interdisant tout rassemblement ou manifestation en lien direct ou indirect avec le sommet du G7 sur le territoire de la plupart des communes urbaines genevoises, dont la Ville de Genève.
Le Conseil d’État a pourtant autorisé la semaine dernière une manifestation sur la rive droite le samedi 14 juin. Cette autorisation n’est certes pas pleinement satisfaisante, puisqu’elle s’accompagne de restrictions très importantes et fait ainsi toujours l’objet de négociations. Mais cela prouve qu’un cadre peut être défini et qu’un accord est possible pour garantir à la fois la sécurité et l’exercice d’un droit fondamental.
« La droite doit à présent renoncer à ses surenchères grotesques au détriment d’une issue responsable », avertit Louise Trottet, cheffe de groupe. Les arguments de sécurité et de protection des commerces brandis par le camp bourgeois ne sont qu’un écran de fumée. Derrière l’instrumentalisation des événements de 2003, l’amalgame manifestants-casseurs et le catastrophisme, la droite cherche surtout à délégitimer toute mobilisation sociale et restreindre durablement le droit de manifester. »
Attachés au droit de manifester de manière pacifique, les Vert-e-s rappellent qu’une démocratie solide n’a pas à choisir entre liberté et sécurité : elle doit organiser leur coexistence. Il est parfaitement possible d’organiser une manifestation et un village alternatif encadrés, localisés et visibles. Ces événements sont souhaitables pour garantir la liberté d’expression des opposant-e-s au G7, tout en permettant de circonscrire les rassemblements à des lieux précis. Il revient également au Conseil fédéral de négocier plus habilement la question des dommages d’éventuels casseurs, le G7 ne se déroulant pas sur territoire suisse.
« Cette session spéciale constitue par ailleurs un gaspillage évident de temps et d’argent public. C’est parfaitement hypocrite de la part de partis qui prônent l’austérité en toute circonstance, mais qui n’hésitent pas à mobiliser à grands frais les institutions démocratiques pour faire passer en force une loi liberticide ! Alors que des discussions sont en cours et qu’un accord reste possible, on mobilise inutilement le Grand Conseil pour souffler sur les braises et continuer de faire enfler la polémique », souligne encore Louise Trottet.
Les Vert-e-s se battront jusqu’au bout de cette séance extraordinaire, aussi scandaleuse soit-elle. Il est hors de question de laisser la droite piétiner la liberté d’expression et notre canton suivre cette tendance mondiale alarmante, qui consiste à utiliser la sécurité comme prétexte systématique pour criminaliser la contestation pacifique. Genève, capitale des droits humains, ne peut cautionner cette dérive.
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Louise Trottet, députée et cheffe de groupe