Formation publique : le 27 septembre, ne faisons pas payer la facture aux étudiant-e-s
Ce vote ne tombe pas de nulle part. En octobre 2024, la HES-SO annonçait, avec l’appui de la conseillère d’État Anne Hiltpold, une hausse des taxes semestrielles d’études : +40% pour les étudiant-e-s suisses, et +110% pour les étudiant-e-s étranger-ères. Une décision tombée à un moment où plus de 30% des étudiant-e-s vivent déjà en situation de précarité alimentaire, où les loyers ne cessent de grimper et où les primes d’assurance maladie pèsent chaque mois un peu plus lourd. Les Vert-e-s avaient alors déposé une motion en décembre 2024 pour renoncer à cette hausse. La majorité de droite l’a rejetée ; seule une version édulcorée, limitée aux bénéficiaires de subsides d’assurance maladie, a fini par passer, et de justesse.
C’est dans ce contexte que le contrat de prestations prend tout son sens, ou plutôt, révèle son absurdité. Le Conseil d’État y inscrit une réduction de 2 millions de francs par an du financement accordé à la HES-SO Genève, soit 6 millions sur quatre ans. Et la justification est sans détour, puisque les étudiant-e-s paient davantage, l’État peut se permettre de payer moins.
Ce raisonnement pose un vrai problème de fond. Il transforme une charge imposée aux étudiant-e-s en argument pour désengager l’État d’un secteur qui forme les infirmier-ère-s, les travailleur-euse-s sociaux et les métiers techniques de demain. Le message envoyé est clair, la formation reste essentielle, mais son financement, lui, devient négociable.
Voter non à cette loi, c’est refuser cette logique où l’on demande toujours plus à celles et ceux qui étudient, sans jamais garantir en retour un investissement public à la hauteur. C’est aussi rappeler qu’une formation publique forte, accessible et bien financée profite à toute la société, pas seulement à celles et ceux qui la suivent. Le 27 septembre 2026, non à la loi 13579.
Angèle-Marie Habiyakare
Députée verte et Vice-présidente des Vert·e·s genevois·es