Yves de Matteis

Résolution: R 966

Intervention

Pour défendre cette résolution, je vais simplement résumer une partie de son exposé des motifs, que les députés – et le grand public – ne lisent pas toujours.

Monsieur Tahir Tilmo, diplômé d’une université d’Adis Abeba, a été fonctionnaire successivement dans deux ministères. En 2009, il est licencié du seul fait que ses deux parents étaient engagés au sein du parti Oromo Liberation Front.

Suite à cela, il revient à sa ville natale, Nazreth, mais, en 2010, il reçoit plusieurs visites de la police, pour être interrogé sur les activités politiques de son père, ceci non seulement à son domicile, qui sera perquisitionné – avec saisie du mobilier et de documents personnels – mais aussi dans la superette qu’il a ouverte, notamment pour l’obliger à la fermer. Cette dernière ayant aussi été, nuitamment, vidée de son contenu.

Ses parents, plusieurs fois, interrogés par la police, sont enlevés devant chez eux, pour être, quinze jours plus tard, jetés hors d’une voiture devant ce même domicile. Sa mère, dans le coma, meurt 2 jours après à son domicile, et son père quelques semaines plus tard, à l’hôpital, après avoir témoigné des tortures subies jour et nuit.

A la suite du décès de ses parents, Monsieur Tahir Tilmo s’engage au sein de l’OLF et, poursuivi, doit vivre caché et déménager très souvent.

Visé par un avis de recherche, il traverse, maquillé et déguisé, la frontière du Soudan, qu’il quitte après un an pour la Lybie, puis l’Italie par bateau, pour arriver en Suisse en avril 2013, d’où il sera renvoyé en janvier 2021 par décision du SEM confirmée par l’OCPM.

Depuis janvier 2021, Monsieur Tahir Tilmo vit en clandestin dans son propre pays, complètement cloitré, dans la crainte de se faire arrêter, emprisonner ou tout simplement assassiner.

Devant ce tableau particulièrement catastrophique, je n’ai rien de plus à ajouter.