Message 2027 transports 45: la Suisse romande ne peut plus être le parent pauvre du rail
Temps de parcours qui s’allongent, saturation persistante de l’axe Genève – Lausanne, report des projets de redondance et absence d’ambition pour les liaisons internationales : les orientations présentées dans le Message 2027 du Conseil fédéral, concernant les prochaines priorités en matière de mobilité, suscitent une vive inquiétude. Les Vert-e-s genevois-es refusent que la Suisse romande soit une nouvelle fois reléguée au second plan dans la planification ferroviaire nationale.
Des temps de parcours qui s’allongent
Alors que le développement du rail devrait permettre de rapprocher les régions et de renforcer l’attractivité des transports publics, plusieurs liaisons reliant la Suisse romande au reste du pays sont aujourd’hui plus lentes qu’il y a vingt ans. Plus préoccupant encore, de nouveaux rallongements sont déjà prévus sur l’axe Genève–Lausanne faute de capacités suffisantes.
Les Vert-e-s genevois-es refusent cette logique de régression. À l’heure où l’urgence climatique impose d’encourager le report modal vers le rail, il est incompréhensible que les gains de temps se concentrent ailleurs tandis que la Suisse romande voit ses performances se détériorer.
Une ligne Genève–Lausanne saturée et des projets de redondance sans cesse repoussés
L’axe Genève–Lausanne constitue la colonne vertébrale du réseau ferroviaire romand. Il est aujourd’hui l’un des tronçons les plus fréquentés et les plus vulnérables du pays. La moindre perturbation y provoque des répercussions bien au-delà de la région lémanique.
Dans ce contexte, le report des projets destinés à renforcer la capacité et la redondance du réseau est incompréhensible. Les besoins sont connus depuis des années, la fréquentation continue d’augmenter et les limites du système sont déjà atteintes. Pourtant, les infrastructures indispensables pour sécuriser le fonctionnement de cet axe stratégique sont une nouvelle fois renvoyées à plus tard.
Cette politique du report permanent fragilise la fiabilité du réseau, pénalise les usagères et usagers du rail et compromet le transfert nécessaire du trafic routier et aérien vers les transports publics.
L’oubli des liaisons internationales
La Suisse romande constitue la principale porte d’entrée ferroviaire du pays vers la France et l’Europe occidentale. Malgré cette position stratégique, le Message 2027 ne propose aucune vision ambitieuse pour les connexions internationales.
Les liaisons vers Lyon, les correspondances avec le réseau TGV et les connexions directes vers les grandes métropoles européennes demeurent insuffisantes. Alors que nos voisins investissent massivement dans les trains internationaux de jour et de nuit afin d’offrir une alternative crédible à l’avion, la Suisse romande reste en marge de cette dynamique.
Pour les Vert-e-s, cette absence de perspective est incompatible avec les objectifs climatiques de la Suisse, mais également avec les besoins d’une région qui entretient des liens économiques, académiques et humains étroits avec l’ensemble de l’espace européen.
Investir là où les besoins sont les plus urgents
Les Vert-e-s demandent que les projets indispensables à la capacité et à la résilience du réseau ferroviaire soient réalisés sans nouveaux reports. La Suisse romande a besoin d’un réseau plus performant, plus robuste et mieux connecté, tant à l’échelle nationale qu’internationale.
Le rail est un outil essentiel de cohésion nationale et de transition écologique. Alors que la demande explose et que l’urgence climatique s’accélère, il est temps d’investir là où les besoins sont les plus évidents : sur l’axe Genève–Lausanne, dans les infrastructures de redondance et dans des liaisons internationales à la hauteur des ambitions climatiques de la Suisse
Delphine Klopfenstein-Broggini, Conseillère nationale
Maryam Yunus Ebener, Présidente des Vert-e-s genevois-es