Non au déclassement en zone ordinaire de Seymaz-Sud
Seymaz Sud est un secteur de 40 000 m² situé sur le plateau de Bel-Air à Chêne-Bourg. Il est actuellement en « zone villas ». La majorité de droite du Grand conseil a changé le classement en « zone ordinaire », cela autorise un type de densification où les promoteurs privés réalisent des immeubles vendus par étages sans contrôle des prix, sans prévoir d’infrastructures publiques, crèches, écoles, parcs. Grâce à la récolte de signature réussie avec le PS, l’association des habitants et l’Asloca notamment, la parole est rendue au peuple.
Densifier, oui mais dans le respect des règles
L’impératif de construire des logements ne veut pas dire renoncer aux principes de solidarité, de justice sociale et de maîtrise publique qui fondent la politique genevoise d’aménagement, principes inscrits dans la loi (LGZD) depuis son adoption en 1957 ! Déclasser en zone constructible, les Vert-es en commission on dit oui, mais en zone de développement 4, comme prévu initialement avec la commune de Chêne-Bourg. Construire plus de logements dans ce secteur directement voisin de la gare de Chêne-Bourg, plus qu’ailleurs, semble une évidence. Le choix de la zone de développement 4 – à savoir une densité modérée, une mixité sociale – se justifie, compte tenu de la proximité directe de la Seymaz et de son pourtour de nature. Les loyers et prix de vente y sont contrôlés par l’Etat et dès lors beaucoup plus abordables.
La question du temps
La zone ordinaire donne quartier libre aux promoteurs spéculatifs. L’absence de règles contraignantes qui y règne sur les gabarits, les servitudes, les accès ou les équipements rendrait le projet impopulaire. Les risques de blocages ou de développement incontrôlés seront donc nombreux, ralentissant toute l’opération. La droite et les milieux de l’immobilier diront que voter le référendum empêchera de construire des logements. C’est à tempérer puisque les logements créés seraient hors de portée de la vaste majorité des habitant-es. Un refus créera par contre l’opportunité de préparer un déclassement en zone de développement, avec les avantages associés : densification plus sobre, réalisation d’équipements publics, souci de faire société dans un nouveau quartier à mixité sociale, protection de la nature entourant la Seymaz. Pour ce développement-là, nous devrons prendre plus de temps, un temps perdu par une majorité qui a préféré servir un mal-développement ne profitant qu’à une infime minorité.
Attention : tentative d’enfumage !
Sachant que le déclassement en zone ordinaire déclencherait un référendum, la droite a fait passer une motion qui demande au Conseil d’Etat de créer un Plan localisé de quartier. Toutefois, cette motion n’aura pas de force légale. Comme l’a rappelé l’office de l’urbanisme (DT) : « en zone ordinaire, on court le risque qu’un PLQ soit court-circuité par une autorisation de construire ». Il n’y pas de base légale non-plus pour la taxe d’équipement envisagée pour financer les infrastructures publiques. Les outils de coordination, soit la taxe d’équipement, cessions gratuites, échanges de droits à bâtir, dépendent d’accords volontaires entre privés et reste donc très aléatoires. Ne nous laissons pas enfumer.
Conclusion
L’appétit de réaliser des gains financiers par les promoteurs immobiliers est sans fin et doit être contrôlé. Sans l’intervention des partis et des associations progressistes, la situation du logement à Genève serait encore plus grave. Aujourd’hui dans le secteur Seymaz Sud, protéger un aménagement du territoire et un accès au logement pour tous les ménages signifie voter et faire voter non au déclassement tel qu’il est prévu.
Au-delà de Seymaz Sud, remporter cette votation donnera un message fort dans le canton : Genève refuse le déclassement et le gaspillage de terres.