Par Nicolas Walder, conseiller national. Ce texte est paru dans le magasine Greenfo des Vert-e-s suisses de janvier 2022. 

Le 26 mai 2021, le Conseil fédéral a interrompu les négociations d’un accord-cadre avec l’Union européenne. Depuis, la politique européenne de la Suisse est au point mort. Et le Conseil fédéral n’a toujours pas de plan B. Les VERT-E-S entendent bien initier le renouveau dans la politique européenne de la Suisse !

Depuis la rupture des négociations, la Suisse et l’UE sont en froid. Les VERT-E-S ont, dès le début, dénoncé cette situation aux conséquences désastreuses. Les Hautes écoles suisses sont par exemple exclues d’une partie importante des programmes de recherche européens : une catastrophe pour ce secteur. Mais la rupture des négociations a également remis en question le principe même de la voie bilatérale, puisque la manière de conclure de nouveaux accords ou de régler des litiges n’est pas clarifiée et dès lors aucun accord ne peut plus être adapté ou signé.

Huit mois après cet échec et au vu de cette situation très préoccupante, il est pour le moins étonnant que le Conseil fédéral n’ait toujours pas de stratégie sur la manière dont il entend développer la politique européenne de la Suisse. Il craint manifestement une épreuve de force et évite donc soigneusement la question européenne. Quelle irresponsabilité !

Retour à la table de négociations

Les VERT-E-S sont un parti européen. Nous ne voulons pas seulement le libre-échange avec l’UE, mais une réelle coopération politique, culturelle et sociale. Avec nos allié-e-s, nous nous engageons pour une Europe pacifique, écologique, sociale et qui défend les droits humains. Si le Conseil fédéral continue d’esquiver cette question, il nous revient à nous, parti non-gouvernemental, d’exiger une politique européenne porteuse d’avenir. Lors de l’assemblée des délégué-e-s du 15 janvier, nous avons donc présenté une résolution qui demande précisément que le Conseil fédéral retourne rapidement à la table des négociations.

Parler de l’Europe

Le discours sur l’Europe doit changer. L’UE est un projet sans précédent pour notre continent : après deux guerres dévastatrices, l’intégration politique, culturelle et économique des États européens a permis de garantir la paix, les libertés des citoyen-ne-s et d’offrir un certain niveau de prospérité à tous les États membres. Cette coopération s’avèrera aussi décisive pour relever les grands défis de ce siècle : climat et biodiversité, digitalisation, cohésion sociale, égalité et droits humains.

Après 30 ans de rhétorique nationale-conservatrice, la Suisse progressiste doit sortir de sa torpeur et oser parler Europe. Elle doit aussi saisir les opportunités qui découlent d’une coopération plus étroite avec l’UE pour défendre son modèle de société inclusive. En tant que parti européen, les VERT-E-S sont là pour montrer la voie. C’est pour cette même raison que nous envisageons de participer au lancement d’une initiative européenne.