Réformer le service civil ? Une attaque antisociale, anti-environnementale et inutile.
Genève, le 27 mai 2026 – Partis et associations se sont réunis contre la modification de la loi sur le service civil, soumise au vote le 14 juin prochain.
A l’heure où les services de santé, sociaux et environnementaux sont déjà sous tension, le Parlement suisse propose de se tirer une balle dans le pied avec une énième réforme, attaquant frontalement le service civil.
Malik Semlali (président des Jeunes Vert·e·x·s Genève), Florian Schweri (PS), Luca Califano (solidaritéS et Jeunesse Solidaire), Adrien Rastello (Jeunesse socialiste), Yasemin Amorin-Esenli (CIVIVA), et Rayyân Rehouma (GSSA) ont pris la parole pour répondre à cette attaque.
Le comité unitaire genevois contre la modification de la loi sur le service civil, s’est réuni cette matinée pour dénoncer le non sens d’une attaque supplémentaire des majorités de droite au parlement suisse, contre le service civil. La modification de cette loi, sur laquelle nous voterons le 14 juin prochain, propose de restreindre considérablement l’accès au service civil en y introduisant six mesures problématiques, dont certaines en contradiction avec la constitution et le droit international.
Si la population suisse s’aligne avec le parlement, nous risquons :
- un affaiblissement des services sociaux,
- un affaiblissement des organisations environnementales,
- une diminution du soutien aux services de santé,
- une diminution du soutien à l’enseignement,
- une sur-militarisation de la société,
- des effectifs démotivés.
Par exemple, Malik Semlali, président des Jeunes Vert·e·x·s Genève, a affirmé : « 9,7 % des personnes effectuant leur service civil travaillent dans le domaine de la protection de la nature. (…) Sans ces 9,7 % de civilistes, ces secteurs déjà en manque de personnel ne pourraient pas fonctionner correctement. ».
Parallèlement, la responsable Romandie de la Fédération suisse pour le service civil (CIVIVA) a relevé le caractère mensonger de l’argumentation de la droite, selon laquelle l’armée serait en sous-effectif : « Même le Conseil fédéral reconnaît que ces mesures ne permettront pas de résoudre durablement les difficultés de recrutement. En réalité, l’armée ne connaît aujourd’hui pas de problème d’effectifs : elle compte environ 146’000 militaires, alors que l’effectif légal visé est fixé à 140’000. » (Yasemin Amorim-Esenli).
Cette mauvaise foi reflète les intentions d’une majorité bourgeoise qui craint une jeunesse questionnant l’hyper-individualisme du système. Il est grand temps que les élu·e·x·s de la population suisse prennent conscience de l’absurdité d’un renforcement continu de l’armée, et priorisent un agenda politique qui réponde enfin aux enjeux sociaux et environnementaux auxquels nous faisons face aujourd’hui. De plus, Les Jeunes Vert·e·x·s dénoncent fermement le fait que la droite soit, encore et toujours, prête à mettre à mal des catégories de population précarisées et des secteurs submergés.
Cette rencontre est pour le comité une occasion de réaffirmer son mécontentement : stop aux attaques répétées contre le service civil !
« Cette modification de la LSC est le reflet de la montée de la militarisation dans le monde. Il est nécessaire de combattre sur tous les fronts la montée militariste dans notre pays et le reste du monde » (Luca Califano, SolidaritéS et Jeunesse solidaire). Le comité contre la réforme du service civil tient à rappeler que ce n’est pas par la contrainte que l’armée se rendra plus attractive pour la jeunesse et que « le service civil est issu d’une lutte de longue haleine et représente aujourd’hui la seule vraie alternative pour ces jeunes qui refusent de prendre les armes. » (Rayyân Rehouma, GSSA). Aujourd’hui, « l’armée suisse ne parvient plus à convaincre une nouvelle génération qui refuse de consacrer son énergie à une institution armée, autoritaire et profondément conservatrice. » (Adrien Rastello, Jeunesse socialiste). L’accès au service civil est d’ailleurs déjà bien assez contraignant, démontrant ainsi que les quelques courageux qui s’y inscrivent ne le font pas par flemmardise, mais bien par conviction ! Pendant leur service civil, les jeunes se forment et vivent des expériences qui n’ont rien à envier à l’armée, qui développent leur débrouillardise et leurs capacités relationnelles, et, parfois, les orientent vers des choix professionnels futurs.
Dans ce cadre là, le comité ne demande ni plus ni moins que de respecter notre constitution et de protéger l’accès au service civil, dont nous bénéficions tou·te·x·s.
« Le service civil nous concerne tou·te·x·s, car nous pouvons chacun·e·x avoir des enfants dans une école, des (grand-)parents en EMS ou manger des produits issus d’une exploitation agricole engageant un civiliste. Attaquer le service civil c’est attaquer la cohésion sociale de toute la population. » (Florian Schweri, PS). Alors le 14 juin, votons NON à une réforme du service civil antisociale, anti-environnementale et inutile !