Tout ça pour ça !

Le droit de manifester a été préservé de justesse jeudi 28 mai, durant cette séance extraordinaire « spécial G7 », qui a été le théâtre d’un spectacle aussi navrant qu’inquiétant. Le projet de loi PLR interdisant tout rassemblement ou manifestation en lien direct ou indirect avec le sommet du G7 sur le territoire de la plupart des communes urbaines genevoises a été refusé par 42 oui (PLR, UDC, LC) et 55 non (Vert·e·s, PS, LJS, MCG).

Finalement, cette séance était parfaitement inutile. A part mobiliser à grands frais les institutions démocratiques pour faire passer en force une loi liberticide, elle aura surtout servi de caisse de résonnance à la droite qui a pu continuer d’alimenter une polémique créée de toutes pièces, à coup d’amalgames révoltants, de catastrophisme et en agitant le spectre d’une quasi-guerre civile. Derrière tout ce cirque, l’enjeu pour la droite était de délégitimer, par la peur, toute mobilisation sociale et de museler les expressions politiques légitimes.

Grâce à un travail de fond, le droit de manifester a été sauvé, mais il reste fragile. Hier a montré à quel point il est menacé. Rien n’est acquis : la défense des libertés fondamentales exige une vigilance de chaque instant, à Genève comme ailleurs.