En décembre, la droite a poursuivi la casse sociale en attaquant la protection des locataires contre les congés-ventes. C’est la troisième tentative en moins d’une décennie.

En 2016, le référendum avait déjà dû être lancé contre la loi de R. Zacharias, ancien baron de l’aile immobilière du MCG. Nous avions gagné en votation populaire. Les milieux immobiliers sont ensuite revenus à la charge avec la loi 12278. Nous avions pu obtenir une majorité au Grand Conseil pour la refuser en 2023.  Les mêmes milieux immobiliers ont alors lancé une troisième attaque avec la loi 13025, adoptée par le Grand Conseil le 12 décembre, nous contraignant à lancer le référendum durant les fêtes de fin d’année.

Votre engagement est important pour éviter que des milliers de baux, en particulier ceux aux loyers encore abordables, soient résiliés. 

De quoi s’agit-il exactement ?

Aujourd’hui, les logements à usage locatif ne peuvent en principe pas être vendus pour devenir le logement principal du propriétaire. Cette règle vise à éviter que des immeubles locatifs se transforment en immeubles PPE ce qui aggraverait encore la crise de logements. En effet, avant l’introduction de cette protection en 1985, de nombreux-euses locataires avaient perdu leurs logements. La situation serait pire encore aujourd’hui vu le niveau des loyers et la pénurie de logements !
Nous en appelons à vous ainsi qu’à vos proches pour signer et faire signer ce référendum. Le délai court jusqu’au début de février.  Les feuilles doivent être retournées d’ici au 3 février, même incomplètes.

Un enjeu fondamental pour toutes et tous les locataires

Si nous échouons, les bailleurs résilieront les baux sous divers prétextes voire directement pour relouer à un tiers pistonné pour leur vendre le logement après 3 ans de location. Par ailleurs, ils pourront plus simplement encore imposer un bail non renouvelable de 3 ans. Au terme du bail, le locataire n’aura d’autre choix que d’acheter ou de partir.
Seront particulièrement visés les appartements ayant des baux plus anciens avec des loyers abordables.
Cette loi est trompeuse. Elle prétend que chacun-e sera libre d’acheter le logement qu’elle ou il occupe. Or, elle ne donne aucun droit au locataire d’acheter son logement. C’est toujours le propriétaire qui décidera s’il souhaite vendre et à qui. Il cherchera à vendre un vieux logement au prix du neuf. Ce sont en effet les logements anciens aux loyers abordables qui seront visés. Les propriétaires ne vont certainement pas vendre ceux avec lesquels ils obtiennent des rendements à deux chiffres du fait de loyers abusifs. 

Un nouveau coup d’accélérateur de la spéculation immobilière

Si cette loi passe, elle pourrait entrainer une nouvelle spirale de spéculation immobilière. Le nouveau propriétaire, qui aura acheté l’appartement grâce à ses fonds propres et pour en faire son habitation principale, pourra le revendre après 5 ans ou le relouer sans limite de prix ou de loyer. Une explosion des loyers s’en suivra. Ainsi, l’ensemble des locataires dans le Canton subira les conséquences de cette loi.
Les annonces des régisseurs montrent que des logements de 4 ou de 5 pièces se vendent entre 1,5 et 4 millions en Ville de Genève ! Ce congé-vente crée le mirage d’accès à la propriété pour la classe moyenne. En réalité, c’est une toute petite partie de la population qui dispose des fonds nécessaires pour acheter un appartement. Evitons de mettre de l’huile sur le feu. Repoussons cette loi antisociale !