Les Vert·e·s expriment leur colère et leur consternation suite à l’annulation de l’Assemblée citoyenne – à moins d’un mois de sa tenue – par le Conseil d’Etat. Celui-ci a cédé à une résolution Centre-PLR, acceptée par la majorité de droite élargie du Grand Conseil à la dernière session de février, demandant au gouvernement d’annuler cet événement.

Comme toutes les résolutions, elle n’était pas contraignante, et le Conseil d’Etat aurait pu – et dû ! – ne pas y donner suite, comme il le fait d’ailleurs avec la majorité des motions et résolutions. Il a néanmoins décidé de mettre un terme à une démarche citoyenne ambitieuse, alors même qu’elle avait suscité un large intérêt au sein de la population. 

Que la droite conservatrice demande l’annulation d’un tel événement à la dernière minute, au nom d’une conception étroite et bornée de la légitimité démocratique, est une chose. Que le Conseil d’Etat choisisse de s’y conformer en est une autre, bien plus préoccupante. Si le gouvernement renonce ici à défendre sa propre démarche consultative non contraignante, figurant dans son programme de législature, quelle sera sa capacité à maintenir le cap face à d’autres pressions politiques à l’avenir ?

L’Assemblée citoyenne pour la démocratie constituait un projet inédit du département de la cohésion sociale, réunissant 100 citoyen·ne·s pour élaborer des recommandations destinées à renforcer l’engagement civique de la population et à répondre à la baisse de participation aux votations et élections. En plus de 50 citoyen·ne·s représentatifs de la diversité cantonale, ce projet donnait la voix à 50 personnes structurellement éloignées du débat politique : personnes en situation de handicap, de précarité, populations très jeunes ou très âgées, ne maîtrisant pas encore suffisamment le français… Le tout solidement encadré par le département, ainsi que des institutions et associations reconnues – notamment l’Université de Genève, la FASe, Caritas, le CCSI, la FéGAPH, le CAD – et des expert·e·s de renommée mondiale.

Quel signal désastreux envoyé à toutes ces populations, alors qu’enfin une démarche concrète leur donnait la parole ! L’Assemblée citoyenne ne visait pas à remplacer le Grand Conseil, mais à l’alimenter de propositions pour renforcer une démocratie menacée et fragilisée, dans le monde entier comme chez nous. Cette décision laisse un goût d’autant plus amer qu’on célébrait il y a quelques jours à peine les 500 ans du parlement genevois. Et que dire des deux années de travail balayées, des ressources publiques engagées et du camouflet infligé à toutes les personnes, institutions et associations qui se sont investies pour renforcer l’engagement civique ? 

Pour Léo Peterschmitt, « il faut souligner le cynisme des partis à l’origine de l’arrêt brutal de l’Assemblée citoyenne, qui sont les moins représentatifs de la population de notre canton, tant en termes d’âge, de genre, que de catégorie socioprofessionnelle.» Peut-être faut-il y voir le signe d’une droite qui se sent fragilisée dans son pouvoir par une telle initiative. …Et qui est prise de panique à l’idée de l’émergence de forces politiques et d’idées susceptibles de bousculer l’équilibre établi. 

Contacts

Léo Peterschmitt – député vert
Louise Trottet – députée verte, cheffe de groupe