Réuni-e-s ce soir en assemblée générale, les Vert-e-s genevois-e-s ont adopté à l’unanimité une résolution sur l’aménagement du territoire. Celle-ci place la protection de la nature en amont du bâti, valorise l’existant et l’écoconstruction, décarbone les quartiers et accompagne le vivre-ensemble. Les Vert-e-s renforcent ainsi leur discours face aux différents défis liés à l’urgence climatique et au besoin de logements dans un canton qui ne cesse de grandir. Le cap est clair : plus que cohabiter avec la nature, nous devons désormais collaborer avec elle. Plus que vivre sur un territoire, nous devons l’habiter ensemble et développer le principe des villes des courtes distances. La nécessité d’une réelle transition économique, intimement liée à l’évolution du territoire, sera traitée en profondeur dans un prochain papier de position, à part entière.

Les Vert-e-s genevois-es ont exprimé en 2020 le besoin d’entamer un travail de fond sur les questions d’aménagement du territoire. Afin de travailler et débattre sereinement de ce sujet, un groupe de travail s’est réuni pendant une année afin d’aboutir à la publication du texte Aménagement du territoire en transition : Orientations, qui constitue une véritable boussole pour les membres des Vert-e-s et ses élu-e-s. Dans la foulée, les membres ont été invité-e-s à s’exprimer lors du congrès annuel, où des ateliers participatifs ont donné l’occasion à chacun-e d’exprimer son point de vue, tant sur des urgences que sur des visions idéales à atteindre. Ce soir, le texte Aménager notre territoire face à l’urgence climatique a été voté par l’assemblée à l’unanimité. Le parti se dote ainsi d’une résolution qui met le vivant et la diminution des gaz à effet de serre au cœur des priorités. Il en résulte une place prépondérante à la biodiversité et à la décarbonation des quartiers. Pour réduire de 60% nos émissions de CO2 d’ici 10 ans et préparer notre adaptation au changement climatique, l’aménagement du territoire joue un rôle central.

Cette résolution vise à répondre au besoin de logements dans le canton, tout en plaçant la nature en amont du bâti dans tout nouveau PLQ, afin de renforcer la biodiversité et de permettre aux habitant-e-s de vivre dans un environnement réellement végétalisé. De même, autour de la nature et du bâti, nous devons penser et aménager des quartiers denses et désirables, qui rassemblent les habitant-e-s et qui ne gaspillent pas les ressources. Le principe de la « ville des courtes-distances » doit permettre à la population d’atteindre une meilleure qualité de vie. Les pistes à suivre sont nombreuses : habiter dans des quartiers démotorisés, connectés à des réseaux de mobilité douce et de transports publics, sans bruit et sans pollution ; avoir accès à des surfaces commerciales ou associatives, où l’on mutualise les services ; ou vivre dans un espace public partagé et interactif.

Alors que la mobilité et le bâti combinés cumulent plus de 50% des émissions de notre canton, il est temps d’oser l’alternative écologique en abordant également la question de la croissance économique. La volonté d’une transition économique, accompagnée de justice sociale, est amorcée dans la résolution et fera prochainement l’objet d’un papier de position à part entière. Il s’agira d’aborder les notions de résilience économique, de durabilité de l’activité économique et de fiscalité des entreprises, intimement liées aussi à l’évolution de notre territoire.

Crédit photo: Hunziker Areal © Ursula Meisser, 2017.