La droite avait assuré que Genève pouvait se payer une baisse d’impôts sans toucher aux prestations. Nous n’avons jamais cru à cette fable, et force est de constater aujourd’hui qu’il s’agissait d’un mensonge éhonté. Le Conseil d’Etat a présenté la première étape de son plan de mesures d’économies, qui touchent principalement les personnes en situation financière fragile, avec la suppression de l’indexation des subsides d’assurance-maladie, votée par le Grand Conseil en 2024. Une mesure à laquelle se sont opposé·e·s en vain les magistrat·e·s de gauche, Nicolas Walder (Vert·e·s), Carole-Anne Kast (S) et Thierry Apothéloz (S).

Alors que les primes d’assurance-maladie continuent de prendre chaque année l’ascenseur et grèvent toujours davantage le budget des ménages, ce mécanisme d’indexation, introduit par un projet de loi socialiste, garantissait que les subsides ne diminuent pas, en valeur relative, face à l’inflation et à l’explosion des primes. Supprimer ce dispositif, c’est porter un nouveau coup au porte-monnaie des plus modestes.

Le Conseil d’Etat avait déjà commencé la mise en œuvre de son plan d’économies fin janvier, en annonçant discrètement des coupes dans l’aide sociale, par voie réglementaire (et donc non soumises au vote du parlement), à la fin d’un communiqué présentant un rapport sur l’Hospice général. On pouvait, en substance, le résumer ainsi : « Voici un rapport sur les trajectoires et facteurs d’entrée à l’aide sociale. Post-scriptum : le forfait d’intégration versé aux adultes bénéficiant de l’aide sociale sera amputé de 50.-. » Initialement de 300.-, ce forfait est passé à 225.- en 2014, pour être raboté à 175.- aujourd’hui.

Ces coupes, qui aggravent la précarité, sont d’autant plus révoltantes que des cadeaux fiscaux ont été accordés aux plus aisé·e·s l’an dernier. Elles s’inscrivent, selon le Conseil d’Etat, « dans un contexte de pression accrue sur les finances cantonales ». Or, comme chaque année, la droite dramatise les finances publiques et appelle à l’austérité, avant que les comptes ne viennent, au printemps, démentir ces annonces alarmistes. Selon l’édition de la Tribune de Genève d’hier, alors qu’un déficit de 256 millions était annoncé dans le cadre du budget 2026, les comptes 2025 feraient finalement état d’un léger excédent – une information qui reste à confirmer ou non le 26 mars prochain, lors de la présentation officielle des comptes. Quelle que soit l’ampleur de cet excédent et quelle que soit la raison de ce énième décalage, le constat demeure : c’est le même scénario qui se joue et se rejoue, année après année – celui de la politique des « caisses vides ».

Cette nouvelle divergence interroge une fois encore la fiabilité des prévisions budgétaires. C’est précisément sur cette question que notre député Julien Nicolet-dit-Félix a déposé une motion en mars 2024. Si le Conseil d’Etat a reconnu le problème et assuré travailler à des pistes d’amélioration, nous ne nous faisons pas d’illusion : au-delà des méthodes d’estimation, il s’agit bien de choix politiques assumés. Baisser les impôts des plus favorisés, rogner les prestations des plus fragiles : voilà l’action de la majorité de droite au parlement et au gouvernement.

Et ce n’est qu’un début, des coupes financièrement plus importantes seront annoncées ce printemps. Les Vert·e·s se battront jusqu’au bout contre ces mesures inacceptables, qui frappent une fois de plus les personnes les plus précaires de notre canton.

Contacts

Emilie Fernandez, députée et membre de la commission des finances
Pierre Eckert, député et membre de la commission des finances
Louise Trottet, députée et cheffe de groupe