Dans un paysage médiatique dominé par des plateformes internationales et leurs logiques algorithmiques, la Suisse a besoin d’un média public solide, présent sur l’ensemble du pays et dans toutes ses langues. La SSR joue ce rôle central : elle relie les régions, reflète la diversité sociale et culturelle, et garantit que les débats ne soient pas dictés par des intérêts commerciaux ou étrangers.

Contrairement à une idée reçue, les jeunes ne se détournent pas de la SSR. Ils et elles la consomment autrement, principalement en ligne. Le service public a évolué et propose des contenus numériques qui offrent une alternative crédible à la désinformation massive sur les réseaux sociaux. Réduire ses moyens, c’est renoncer à cette mission auprès des nouvelles générations.

La SSR ne se limite pas à l’information. Elle est aussi active dans la vie culturelle et sportive du pays. Elle soutient la création suisse, donne une visibilité aux artistes émergents, aux festivals, aux scènes locales et aux productions dans toutes les régions linguistiques. Dans le domaine du sport, elle garantit un accès large et équitable aux compétitions nationales et internationales, bien au-delà des seules disciplines rentables. Sans service public fort, une grande partie de la culture et du sport suisses serait reléguée au second plan ou réservée à celles et ceux qui peuvent se payer des abonnements privés

Dans un pays plurilingue entouré de grands marchés médiatiques, l’absence d’un acteur public fort laisserait le champ libre aux chaînes étrangères, bien plus puissantes financièrement, mais peu concernées par les réalités locales. Cela fragiliserait aussi les médias privés suisses, qui s’appuient sur un écosystème structuré par le service public.

Là où l’information fiable recule, la méfiance progresse et les discours simplistes prospèrent. Refuser cette initiative, c’est faire le choix d’une société informée, pluraliste et cohésive. C’est affirmer que l’information n’est pas une marchandise, mais un bien commun indispensable à la vie démocratique. Le 8 mars prochain, c’est un grand non qu’il s’agira de glisser dans les urnes.