Laurent, comment dire ? c’était l’artisan, le journaliste, le penseur et l’artiste !

Laurent artisan, c’est lui qui s’est démené en 1982 pour rassembler les bonnes volontés en vue de la création d’un parti écologiste à Genève, après qu’Otto Caduff se soit présenté au Conseil d’Etat en 1981. C’est encore lui qui a œuvré pour fédérer les partis verts dits « modérés » de Suisse et qui a travaillé ensuite pour réunir sous le même toit les Verts dits « alternatifs » au rang desquels figurait Anne-Catherine Ménetrey. C’est encore lui qui avait contribué à mettre sur pied avec Bernhard Pulver la coordination romande des Verts pour faire entendre notre voix auprès des Verts suisses.

Laurent journaliste, homme de médias, après la Gazette de Lausanne, La Suisse, la radio et la télévision suisse, il a été tour à tour rédacteur du journal du WWF Suisse, de l’ATE, du Bulletin Vert avant d’être responsable de la communication du Conseil d’Etat vaudois, puis de reprendre du service pour le Bulletin Vert. C’est aussi lui qui organisait des journées de formation pour les candidats avant leur passage dans les médias.

Laurent, penseur. C’est lui qui, après avoir écrit « La Suisse, une démocratie en panne », sort « La Suisse verte – Les premières années du parti écologiste suisse ». C’est lui, qui, dès 1983, imagine les 5 critères verts, à savoir long terme, qualité, solidarité, décentralisation et diversité. Adepte de la pensée de Denis de Rougemont, il milite pour une Europe des régions et milite par choix tactique contre l’adhésion à la Communauté européenne, synonyme d’organe technocratique oeuvrant surtout pour la croissance économique. Il s’investit également dans l’éducation alternative et participe à la construction de l’école Steiner à Confignon.

Laurent, l’artiste. Décrit comme le « conseiller national en sabots » qu’il a longtemps porté en toutes circonstances, il chante dans un chœur de gospel et est musicien dans l’âme. Au moment de sa démission du Grand Conseil genevois, il offre aux députés du Sydney Béchet à la clarinette.

Laurent a été tour à tour le premier secrétaire des Verts genevois, au moment où il n’y avait pas encore de secrétariat, le premier conseiller national vert genevois, rejoignant ainsi Daniel Brélaz, candidat à plusieurs reprises au Conseil d’Etat genevois, en solo ou en tandem avec Sylvia Leuenberger. A sa retraite, il avait repris du service auprès des Verts lausannois comme conseiller communal, reniant ainsi des propos tenus en 1985 : « Je n’aurais d’ailleurs jamais fait de politique dans le canton de Vaud. Je ne suis pas assez prudent et calculateur pour cela ».

Adieu Laurent et grand merci pour tes talents éclectiques et nombreux dont tu as fait profiter les Verts avec générosité et en toute modestie !

Yves Meylan